Le Balloon Dog de Jeff Koons pour tous

Le fameux baloon dog de Jeff Koons

Si l’art contemporain défraie régulièrement la chronique, il est une œuvre qui, depuis sa création en 1993, reçoit autant l’admiration que le dédain des foules. La sculpture emblématique de Jeff Koons, Balloon Dog, continue de questionner professionnels et néophytes.

Jeff Koon, des ballons roses chez le roi Soleil

Jeff Koons aime s’approprier les éléments de la culture populaire et mélanger les genres. Il sait tirer parti des méthodes du pop art pour exprimer son art et son discours à travers l’artisanat et la sculpture.

Il aime mettre en exergue les obsessions de la société moderne dans ce qu’elle a de plus banal et de plus cru. Les obsessions contemporaines comme le désir, le sexe, la célébrité et l’argent, dont les médias sont la vitrine exhaustive et objective, servent de terreau pour son art qui s’exprime pleinement au travers de la culture pop.

L’œuvre emblématique de Jeff Koons est certainement Balloon Dog mais aussi celle qui est la plus polémique depuis sa création en 1993. Ainsi, en septembre 2008, la présentation d’une version rose au château de Versailles a suscité la controverse parmi les visiteurs dont beaucoup furent choqués par l’œuvre – qu’ils jugeaient trop vulgaire et trop moderne – insérée dans le cadre exceptionnel de l’ancien palais de Louis XIV.

La réaction émotionnelle face à ce Balloon Dog nous replonge invariablement dans notre enfance et fait remonter des émotions anciennes profondément enfouies sous les tracasseries du monde des adultes. Un plaisir simple, vrai, un bonheur même qui jaillit comme un torrent de plaisir qui inonde le corps et l’esprit.

Il y a ceux qui savent puiser dans leurs souvenirs d’enfance et qui se laissent emporter et les autres, ceux qui s’interdisent de retrouver ces plaisirs simples sous des prétextes variés et qui passent à côté de l’œuvre.

Du Balloon Dog géant aux répliques en porcelaine

Jeff Koons voit la vie comme un ballon qui se gonfle et qui se dégonfle au fil des inspirations et des expirations. La vie et la mort résumées dans une immédiateté. Il définit ainsi la série des Balloon Dogs. Des œuvres ludiques et colorées, bleues, jaunes, orange, rouges et magenta, qui traduisent sa fascination et son amour des animaux et des chiens en particulier et qui ont donné une nouvelle dimension et un questionnement face à l’art en général.  

En 2013, chez Christie’s, un Balloon Dog Orange de 3 mètres de haut a été vendu à plus de 50 millions d’euros. Un nouveau record pour une œuvre d’art vendue aux enchères par un artiste de son vivant.

Pour Jeff Koons, qui a commencé sa carrière professionnelle comme courtier en matières premières à Wall Street, l’art est un vecteur privilégié de merchandising. Dans cette perspective, il décline son œuvre grâce à la sculpture, la gravure, divers matériaux et les ballons pour rendre l’art accessible au plus grand nombre.

D’ailleurs, le public sensible ne s’y trompe pas. Des versions plus petites réalisées en porcelaine et colorées dans la masse par la maison Bernardaud sont disponibles pour tous et s’arrachent comme des petits pains.

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Jeff Koons, la transcendance du banal

Banksy démasqué ?

notre galerie de Street Art parle de l'actualité artistique

Qui est Banksy? C’est une question que nous nous sommes souvent posée dans notre galerie de Street Art. Véritable marronnier qui revient régulièrement dans l’actualité artistique, cette question est presque devenue une plaisanterie dans le monde de l’art contemporain. Des étudiants en arts ont-ils percé ce mystère ?

Banksy enfin démasqué ?

La vérité va-t-elle émerger de l’université d’Arts de Bournemouth où des étudiants ont ajouté leur pierre à l’édifice ? D’après eux, le véritable Banksy serait le vice-chancelier de leur université, le professeur Paul Gough. À l’appui de leur suggestion, un faisceau de preuves convergentes.

Les théories concernant la véritable identité de Banksy sont légion. Ont déjà été évoqués les noms :

  • De Robin Gunningham, un graffeur de Bristol,
  • De Robert Del Naja (alias 3D), le membre fondateur du groupe Massive Attack,
  • De Mr Brainwash, un street artiste français,
  • D’un employé de Dismaland, le parc d’attractions créé par Banksy.

Une étudiante a listé l’ensemble des arguments des élèves dans une vidéo publiée sur TikTok. Premier point, détenteur d’un master des Beaux-Arts, Paul Gough a techniquement le talent pour être Banksy.

De plus, il a les moyens de sillonner le monde pour disséminer ses œuvres un peu partout comme le fait Banksy. En effet, sa renommée internationale l’a amené à se rendre en Grande-Bretagne, au Canada, en Nouvelle-Zélande, à Hong Kong et dans différents pays d’Europe pour son travail. Il est donc probable qu’il a mis à profit ces visites professionnelles pour se rendre à Paris, à New York, à la Nouvelle-Orléans, dans l’Utah ou en Palestine afin de réaliser ses fresques.

Certes, il s’agit là de supputations fort peu étayées en réalité… Mais, là où l’histoire prend du corps, c’est que Paul Gough est un spécialiste de l’œuvre de Banksy. Une référence vers qui se tournent tous les médias dès qu’une nouvelle œuvre de l’artiste fait surface. Il a même écrit un livre sur l’artiste : « Banksy: Painter, Polemicist, or Prankster? ».

Autre point commun, et pas des moindres, les deux hommes s’intéressent aux injustices et notamment aux conflits armés. Ainsi, Paul Gough est un spécialiste des liens entre l’art et la guerre et Banksy réalise des œuvres militantes dans des territoires en guerre.

Pour aller au fond des choses, les étudiants ont cherché des liens dans les biographies et les voyages des deux hommes. Banksy est originaire de Bristol et Paul Gough y a été le vice-chancelier de l’université de l’ouest de l’Angleterre pendant six ans.

Par ailleurs, la baisse de productivité artistique de l’artiste entre 2014 et 2019 coïncide avec le départ de Paul Gough en Australie, où il a pris la vice-présidence de l’université RMIT de Melbourne. Et il est revenu en Grande-Bretagne en 2020 au moment de la réalisation de la fresque de Banksy pour le personnel soignant britannique.

De plus, en 2021, il aurait pris un jour de congé un jour avant l’apparition d’une nouvelle fresque de Banksy à Reading.

Qu’en dit l’intéressé ?

Le professeur Gough se demande s’il n’est pas Banksy. En effet, il a avoué avoir été convaincu par les preuves avancées par les étudiants dans la vidéo TikTok !

Pour certains, c’est une preuve de plus car, selon eux, Banksy réagirait exactement de cette façon !

L’hypothèse est particulièrement séduisante car il faut une certaine malice pour devenir l’expert de soi-même reconnu par tous un peu à la façon du journaliste Peter Parker dont la carrière est basée sur les photos de Spiderman qu’il incarne par ailleurs.

Banksy ou pas Banksy, Paul Gough est devenu grâce à cette vidéo et à son humour la nouvelle personne préférée de nombreux internautes.

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L’exposition CAPITALE(S) fait le bilan de 60 ans d’art urbain à Paris

Onemizer s’expose au festival Rur à Nogent-le-Rotrou

Oeuvre de l'artiste Onemizer

La deuxième édition du Festival Rur à Nogent-le-Rotrou a jeté un coup de projecteur sur un fan du street art, Cyril Valade, alias Onemizer, un artiste sans filtre, nostalgique de l’art vandale.

L’art urbain doit-il être illégal ?

Onemizer, un des graffeurs les plus connus à travers le monde, a commencé sa carrière artistique en réalisant des graffitis sur des casquettes qui ont fini par l’amener jusqu’à Dubaï. L’artiste de 34 ans se remémore les soirées de ses débuts dans le graff’ marquées par la musique hip-hop qui l’ont rapidement conduit à investir les terrains vagues.

Il partait la nuit rejoindre ses amis qu’il retrouvait sur la voie ferrée sans la certitude de pouvoir rentrer le lendemain matin chez ses parents, chez qui il habitait encore à cette époque. Ses escapades nocturnes lui ont donné une certaine aura auprès de ses amis collégiens dont il graffait les casquettes… La demande de plus en plus forte a fini par transformer ce hobby en un véritable métier.

Avant de sortir, il prenait soin de les avertir qu’il risquait d’être arrêté par la police car le graff était illégal. Les spots ouverts aux artistes qui encadrent l’art urbain de nos jours n’existaient pas encore : un bien ou un mal ? Est-ce que l’illégalité est le moteur de l’art urbain ? Ce qui est sûr, c’est que le risque force la justesse du trait et l’exécution rapide oblige à penser son œuvre avant de la poser en quelques coups de bombes précis sur le support brut et ingrat.

Le stress joue également un rôle dans l’exécution, la fébrilité de l’instant se traduit par le dépouillement des œuvres qui ne laissent place qu’à l’essentiel. D’où la force de ces tableaux urbains qui projettent le message de l’artiste comme un coup de fouet à la face du spectateur involontaire, un passant qui reçoit comme une gifle, l’œuvre politique qui jaillit en couleur des murs gris et ternes du quotidien.

La passion du graff’ ne s’arrête pas avec la mauvaise saison et l’envie irrépressible de s’exprimer doit trouver un pis-aller. L’hiver, l’artiste se réunissait avec ses amis dans les caves ou le garage de ses parents pour jeter passionnément ses œuvres sur la toile.

Ce support présente l’avantage de pouvoir se transporter facilement d’un endroit à un autre et cela est pour lui le début des expositions en galerie. Au cours d’une exposition photo, il est repéré par le père d’une amie qui lui propose d’exposer ses œuvres dans une galerie dédiée. Le succès n’est pas au rendez-vous et les ventes restent en berne.

Puis un jour, il est contacté par une galerie de Dubaï et c’est pour lui le déclic qui le fait connaître au niveau international. Mais il insiste, sa philosophie reste la même car il faut savoir pourquoi on fait ce que l’on fait. Ce n’est pas une question d’argent même si cela rend les choses plus simples.

La nostalgie de l’époque vandale

Un collectionneur des toiles de Onemizer, Nicolas Caudmont, l’a contacté et il a accepté de venir au festival Rur. L’artiste précise qu’il aurait dû être le parrain de la première édition mais la pandémie est passée par là et cela n’a pas pu se faire.

Ce festival de la culture hip-hop l’a séduit, même s’il regrette l’époque vandale car, pour lui, le graff prend sa véritable dimension dans l’urgence de l’illégalité. Le travail en festival et avec des amis n’est pas le même et il reste un peu nostalgique de cette époque trépidante et avoue en rêver encore parfois la nuit.

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Focus artiste : Onemizer, l’enfant du Sud

L’exposition CAPITALE(S) fait le bilan de 60 ans d’art urbain à Paris

Découvrez des oeuvres exceptionnelles dans notre galerie de Street Art

Dès le 15 octobre à l’Hôtel de Ville de Paris, l’exposition « CAPITALE(S) » a l’ambition de faire un tour d’horizon complet des soixante années de créativité de l’art urbain sur la scène parisienne au travers des œuvres de 70 artistes. Et pour les plus passionnés d’entre vous, vous retrouvez une exceptionnelle sélection d’œuvres d’art urbain dans notre galerie de Street Art.

Une exposition pour montrer l’importance de la scène parisienne

La rue est devenue depuis plusieurs années le plus grand musée au monde. L’art urbain est une expression artistique qui incarne à la fois la liberté et la conscience populaire. Les artistes qui ont accaparé l’espace public ont donné libre cours à leur génie créatif et inauguré un mouvement artistique véritablement révolutionnaire.

L’art urbain est un art populaire né dans la rue qui envoie un message politique et engagé à destination du plus grand nombre. Ce mouvement artistique, assurément le plus important du 20e siècle, n’est pas un art élitiste même s’il a acquis ses lettres de noblesse dans les musées et grâce aux journalistes.

Paris est l’une des scènes les plus importantes de ce mouvement qui construit au fil du temps l’histoire de l’art urbain. C’est pour cette raison que la Ville des Lumières a décidé d’accueillir à partir du 15 octobre, dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, une exposition exceptionnelle sur l’histoire de l’art urbain parisien et d’ailleurs.

L’exposition “CAPITALE(S)” offre un panorama complet et varié de ce mouvement à travers les œuvres de plus de 70 artistes comprenant :

  • Des réalisations appartenant à des collections prestigieuses,
  • D’autres extérieures à l’exposition à l’échelle de toute la ville,
  • Des documents d’archives,
  • Des conférences,
  • Des interventions.

Le but est de montrer l’importance de la scène parisienne dans la genèse de cet art pendant plus de soixante ans.

Les artistes présents dans l’exposition

Parmi les nombreux artistes à l’honneur dans l’exposition, on retrouve :

  • Jacques Villegle et sa fresque rue de Rennes datant d’avril 1987,
  • Shepard Fairey avec le désormais célèbre Liberté, égalité, fraternité de 2018,
  • Swoon avec Kamayura Mylar,
  • L’Atlas avec I just write my name, une peinture aérosol sur rideau métallique datant de 2008,
  • Nasty avec une peinture aérosol sur plaque de métro parisien émaillée au Lilas-Chatelet datant de 2012.

Les visiteurs pourront également admirer les créations de Banksy, C215, Kraken, Madame, Kashink, 9ème Concept, Les Francs Colleurs, Blek le Rat, Miss.Tic, Vive La Peinture, Speedy Graphito, Jean Faucheur, Pest, Greky et bien d’autres encore.

Deux expériences esthétiques et immersives sont également prévues lors de l’exposition :

  • La Graff Box de Cristobal Diaz combinant la calligraphie urbaine et un procédé de prise de vue original,
  • le Cinquième Mur, une chasse aux indices afin de trouver une pièce secrèteKashink, Kraken et Madame ont créé trois œuvres entièrement virtuelles.

Le festival d’art urbain du journal Le Monde

Notre galerie de Street Art vous présente le festival de Le Monde

Notre galerie de Street Art revient sur le festival du Monde, organisé par le quotidien éponyme. Le 17 et 18 septembre dernier, Le Monde nous invitait à découvrir l’art urbain, omniprésent dans le 13e arrondissement, à travers un parcours dans les rues du quartier.

Un parcours de découverte des œuvres de street art du 13e arrondissement

Les murs et les friches du 13e arrondissement de Paris ont été investis depuis les années 1980 par les graffeurs et les street artistes qui ont transformé ce quartier du sud de la capitale en pleine mutation en une véritable exposition d’art urbain à ciel ouvert.

Les lieux emblématiques du 13e arrondissement comme la Tour 13, les entrepôts frigorifiques plus connus sous le nom « Le frigo », les quais de seine ou les catacombes sont devenus au fil du temps des spots artistiques. Les plus célèbres sont la fresque géante de C215 de la rue du docteur Magnan et la Marianne bleu-blanc-rouge de Shepard Fairey de la rue Nationale.

Le Monde, dont les bureaux sont installés dans le 13e depuis 2004, a décidé de mettre en valeur l’art urbain en organisant :

  • Le samedi 17 septembre un festival,
  • Le dimanche 18 un parcours animé par deux journalistes du quotidien, Antoine Flandrin et Emmanuelle Jardonnet, dont l’objectif est de parcourir les rues du quartier à la découverte des œuvres originales.

Également le dimanche, une table ronde dont le sujet est « Comment et pourquoi conserver un art éphémère ? » a été animée par :

  • Nicolas Gzeley, artiste graffitiste, auteur et président du Centre national des archives numériques de l’art urbain (Arcanes),
  • Jean Faucheur, artiste, commissaire et président de la Fédération de l’art urbain,
  • Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement.

Le street art est un art vivant. Aussi, le journal a proposé en partenariat avec la Fédération de l’art urbain et l’association le M.U.R XIII une performance en direct de deux artistes qui ont créé une œuvre éphémère sur un immense mur de papier.

Par ailleurs, le M.U.R XIII propose une exposition à ciel ouvert au port de la gare dans le 13e tout au long de l’année.

Une performance des artistes Apôtre et Tcheko en direct

Apôtre et Tcheko sont les deux artistes qui s’exprimeront sur le mur mis à leur disposition par Le Monde.

Tcheko, très tôt attiré par le dessin au crayon alors qu’il était aux Antilles, a investi dans les années 1980 les murs du 19e arrondissement. Très éclectique, l’artiste a plusieurs projets d’envergure à son actif comme le projet Tracés directs et le Mausolée de Lek & Sowat. Certaines de ses œuvres sont entrées dans les collections du Centre Pompidou depuis 2014. Il a créé « La Cage dorée » au quai François-Mauriac pour l’association le M.U.R XIII.

Apôtre a abandonné le graffiti de ses débuts après 20 ans de pratique pour se lancer dans l’écriture sur les murs. Il écrit des phrases dont les mots se fondent et se métamorphosent en peinture. Son œuvre à la frontière entre l’écriture et la peinture prend alors une dimension poétique.

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Odyssée, l’itinéraire d’un jeune homme à la guerre

Un livre retrace la venue de Banksy à Paris en juin 2018

Odyssée, l’itinéraire d’un jeune homme à la guerre

Notre galerie de Street Art vous parle de l'Odyssée de Levalet

Notre galerie de Street Art s’intéresse aujourd’hui à la série de dessins « Odyssée » de Levalet. Celle-ci met en scène un jeune homme depuis la réception d’une lettre d’enrôlement dans l’armée jusqu’à son retour à la maison en passant par de multiples péripéties dont sa mort et sa résurrection.

Comme une bande dessinée urbaine

Chaque épisode de la série Odyssée est composé de plusieurs dessins relatant une mini tranche de vie du héros, un jeune homme vêtu d’un jean et d’un maillot à rayures et portant un sac à dos.

Les péripéties du jeune homme se déclinent sur les murs parisiens comme les planches d’une bande dessinée urbaine. L’histoire fourmille de nombreux détails qui créent un narratif rythmé et profond. On avance dans l’histoire au fil d’une promenade urbaine en passant d’un spot au suivant.

Une sorte de chemin initiatique à l’image de celui du jeune homme dont le premier épisode le met en scène lorsqu’il reçoit une lettre qui semble le contrarier. À ce moment de l’histoire, on ne sait rien du contenu de celle-ci et toutes les mini histoires qui vont suivre se terminent généralement sur un « cliffhanger ».

On apprend dans les épisodes suivants que le jeune est mobilisé et doit être enrôlé dans l’armée. Le troisième épisode de la série intitulée « Le Départ » a été animé par le créateur sur son Instagram et montre le personnage en train de marcher presque à contre-cœur vers son destin.

Enrôlé avec condescendance par l’administration, il est sommairement équipé d’un casque et d’un fusil puis envoyé au front sans formation pour servir de chair à canon. Apres une période sous le feu de l’inaction, il est pris au milieu de divers déluges : des bananes, des colombes mortes, des casseroles, des drones et pour finir sous une pluie de bombes.

Blessé, il finit par déserter et est finalement tué par un autre soldat. Vient ensuite sa résurrection et sa nouvelle vie de mort-vivant dont les yeux vides et sans vie traduisent son égarement. La série 10, résurrection partie 2, a été animée par l’auteur comme l’avait été l’épisode 3, le départ. On voit le héros se déplacer comme un mort-vivant.

La rencontre avec l’apothicaire marque un tournant dans l’histoire qui va permettre au jeune homme de guérir de la mort… Il reçoit ensuite une missive portée par un pigeon voyageur et entreprend de rentrer chez lui.

Mais, il est perdu ! Il rencontre différents personnages comme Mickey, un extraterrestre, un épouvantail ou même un zèbre auprès desquels il essaie de trouver son chemin. L’histoire prend une tournure loufoque jusqu’au moment où il finit par trouver sa voie grâce à la rencontre avec un sage en lévitation.

Les planches suivantes le voient se confronter aux autres, symbolisés par des costumes vides, et à diverses péripéties. Très diminué, sa taille ayant fondu comme neige au soleil, il continue son chemin et rencontre des créatures étranges comme des sirènes, un chat sans poils ou un cyclope. Cela l’amène à la nage à l’épisode 22 partie 1, « Home Sweet Home » qui semble clôturer la série, la boucle étant bouclée avec le retour à la maison.

La lecture de l’œuvre

Le projet Odyssée a commencé début décembre 2019 et aujourd’hui certains collages ont été endommagés, voire ont disparu. L’histoire nous emmène à Richard Lenoir, à Montmartre, dans le 10e arrondissement (rue des Récollets) ou encore le 19ème arrondissement.

La distribution géographique des œuvres ne semble pas répondre pas à une approche narrative logique et spécifique et il est donc difficile de prévoir où sera collé le prochain épisode…

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Un livre retrace la venue de Banksy à Paris en juin 2018

Le festival d’art urbain du journal Le Monde

Un livre retrace la venue de Banksy à Paris en juin 2018

Oeuvre des artistes Banksy et Onemize

L’artiste d’art urbain Banksy est venu à Paris en juin 2018 et trois ans après cette visite, le projet de publication d’un livre retraçant au plus près cet évènement artistique majeur a fini par se concrétiser. Notre galerie de street art vous fait découvrir ce livre dans cet article.

La visite de Banksy à Paris

Tout commence Porte de la Chapelle avec l’apparition d’une fresque qui montre une fillette en train de peindre à la bombe des motifs réguliers pour couvrir une croix gammée.

De nouvelles œuvres apparaissent les jours suivants, avenue de Flandre, à Maubert, à Beaubourg, au Bataclan et à la Sorbonne. La rumeur évoque Banksy. Puis la revendication d’une des œuvres parisiennes est publiée le 26 juin sur son Instagram.

Par la suite, l’artiste confirme la paternité des autres œuvres et donne les clés pour comprendre le message. « Fifty years since the uprising in Paris 1968. The birthplace of modern stencil art. » commente Banksy lorsqu’il revendique le rat au cutter qui tourne le dos au Centre Pompidou (traduction :
« Cinquante ans depuis l’insurrection de Paris en 1968. Berceau de l’art moderne du pochoir. »)

Alors que la petite fille de la Porte de la Chapelle véhiculait un message antiraciste, le message de la première publication de Bansky parle des 50 ans de mai 1968 et indique que Paris est le lieu de naissance du pochoir moderne.

Un message révolutionnaire

Il fallait trouver un moyen d’immortaliser cette visite aussi courte qu’exceptionnelle qui enflamma les médias et les réseaux sociaux à l’époque.

Les différents messages portés par une mise en scène soignée qui accompagnent les publications des réalisations de Banksy parlent de révolution. L’esprit de mai 1968 plane sur la première publication partagée par l’artiste sur Instagram. L’esprit de 1789 surgit dans le personnage de Napoléon, dans l’une de ses citations et dans le détournement de la devise nationale.

L’héritage historique et surtout les paradoxes français intéressent Banksy qui les matérialise dans ses œuvres parisiennes.

Le street art est un art révolutionnaire qui cherche à s’abstraire des limites et des lois et de facto, cette révolution artistique entre en résonance avec les révolutions politiques. Un message fort est envoyé par Bansky lorsqu’il graffe le rat, un cutter de street artiste à la main, tournant le dos au musée d’art contemporain du Centre Pompidou.

Le rat de Beaubourg fait écho à la petite graffeuse de la Porte de la Chapelle. Que nous disent ces deux œuvres ? Quel est le lien ? Cela parle de transgression, d’affirmation et de rupture avec les modèles sociétaux imposés.

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Odyssée, l’itinéraire d’un jeune homme à la guerre

Le festival d’art urbain du journal Le Monde

Nasty, un destin précoce né dans un livre qui vit dans le métro

Artiste Nasty

L’artiste Nasty découvre le street art dans un livre que lui a offert sa mère. Cette découverte qui est en réalité un véritable coup de foudre le pousse à créer ses premiers graffitis en 1988 alors qu’il n’a que 13 ans.

Une galerie roulante qui traverse la ville…

Comme tout graffeur digne de ce nom, il commence en écrivant son nom en lettres simples et acidulées sur les wagons de la SNCF à l’image des premiers graffeurs New-Yorkais qui se servaient des wagons du métro pour diffuser leurs œuvres au plus grand nombre. En effet, quoi de plus efficace qu’une galerie d’art roulante qui traverse la ville et les quartiers populaires pour faire passer son message de façon informelle au plus grand nombre ?

D’ailleurs, Nasty ne cache pas qu’il puise son inspiration dans les œuvres des street artistes New Yorkais et l’influence du mouvement hip-hop sur son art.

Il peint à cette période d’immenses fresques colorées sur les trains parisiens en travaillant particulièrement la typographie de son nom et en multipliant les couleurs, les formes et les effets. Pour son travail et les bombes aérosols, sa marque de prédilection est Clash et il affectionne particulièrement les bombes contenant de la peinture rose.

Il décline son « blaze » dans les galeries du métro, le long des voies ferrées et sur les quais de Seine. En effet, lorsque les trains et les métros délivrent son message aux habitants des cités, les passagers qui font corps avec la galerie roulante en sont privés. Nasty a trouvé une solution pour eux. Il recouvre les murs devant lesquels circulent les wagons avec son nom haut en couleur et ses deux slogans fétiches : « Fais tourner mon Blaze » et « Save Trees, Write On Walls ».

À cette époque, ses supports de prédilection sont tous les éléments caractéristiques de l’esthétique urbaine qu’il s’approprie avec ferveur.

Un métro peut en cacher un autre

La transition depuis la rue vers la galerie se fera grâce aux éléments emblématiques du métro parisien qu’il capturera pour les faire entrer dans ses galeries afin de retrouver les fonds qu’ils affectionnent.

Ainsi, il recrée en galerie les décors traditionnels du métro parisien en mettant en scène les plans du métropolitain, les plaques en émail et surtout les fameuses briques blanches biseautées en céramique.

Il amène en galerie ses fonds de prédilection, les travaille et les expose comme les témoins d’une époque et de l’ambiance spéciale du métro. Un endroit où se croisent ceux qui sont dans la misère comme un décor vivant immuable et intemporel et ceux qui ont un travail et qui sont toujours un peu trop pressés et distants.

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Nasty, Fais tourner mon Blaze…

Les pochoirs de c215 et les mosaïques d’Invader pour parler de sciences

Retrouvez de nombreuses oeuvres dans notre galerie d'art urbain

L’art urbain est une forme d’expression démocratique accessible à tous qui envoie un message fort, visuel et coloré parlant de notre temps, de notre rapport à l’art, de la politique mais aussi de la littérature et des sciences. Ce sont toutes ces raisons qui font que notre galerie de Street Art a autant de succès.

c215 et les pochoirs du musée Curie

L’artiste Christian Guémy, plus connu sous le nom c215, a créé à l’occasion de la Fête de la Science en 2016 une série de pochoirs représentant les portraits des chercheurs ayant contribué aux recherches sur le radium notamment, dans le cadre de la lutte contre le cancer.

Cette galerie de personnages toujours visibles dans les jardins du musée Curie retrace l’aventure de Pierre et Marie Curie et des personnages les ayant précédés comme Pierre Latarjet, Claudius Regaud ou encore les époux Joliot-Curie, aventure qui les a conduits à la découverte en 1898 de ce nouvel élément.

Cette fresque scientifique, qui est aujourd’hui aboutie, propose dans les jardins et sur les murs de l’Institut Curie 13 portraits dont un de Pierre Curie sur la boîte aux lettres de l’entrée du Campus Curie et deux représentations d’un atome.

Une bonne occasion pour visiter le musée Curie afin de revivre leur épopée tout en admirant les magnifiques pochoirs de c215.

L’erreur 404 d’Invader, la science du pixel

L’artiste Invader se définit lui-même comme un AVNI, un Artiste Vivant Non Identifié, et son visage est systématiquement masqué lors de ses performances. Son projet d’envergure qu’il nomme « Space Invader » débute en 1998. Il pixélise des images de personnages de jeux vidéo et les libère dans l’espace public sous forme de mosaïque.

Son objectif initial était d’envahir les rues de Paris mais l’invasion s’est poursuivie dans de nombreuses autres villes à travers le monde. Pour autant, c215 ne délaissera jamais Paris qui est, selon lui, en invasion permanente depuis 1998, c’est-à-dire depuis le démarrage de son projet pharaonique.

La forme carrée des tesselles, qu’il applique directement sur les murs, symbolise de façon inaltérable et pérenne chaque pixel du personnage qu’il représente.

Sa démarche peut se résumer en trois axes majeurs :

  • La rencontre de la mosaïque et du pixel ;
  • La transposition dans la réalité d’un jeu vidéo ;
  • Un processus d’invasion à l’échelle planétaire.

La célèbre phrase « Error 404 » symbolise à elle seule la science et ses limites lorsque l’internaute tente d’accéder à une page que le serveur est incapable de trouver. Cette phrase contient l’aveu de la science de son incapacité à satisfaire toutes les requêtes.

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Les principaux styles de graffiti

L’art vrai, sans intermédiaire, a envahi la rue

L’art vrai, sans intermédiaire, a envahi la rue

Notre galerie d'art vous fait part des tendances dans le monde du Street Art

Le street art est un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’art. Il nous invite à prendre le temps de la réflexion pour tenter de comprendre les raisons profondes qui ont amené l’art à s’imposer dans la rue. Si vous aussi êtes passionné par cet art, alors venez jeter un œil à notre galerie de Street Art.

Le street art est avant tout une expérience personnelle quasi initiatique

Il y a certainement de nombreuses façons de découvrir le street art mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a derrière chaque rencontre une expérience particulière.

Pour ma part, je l’ai découvert en quittant le bureau d’un client à pied pour me rendre à la gare SNCF d’une grande ville de province. Dans une petite rue, presque une ruelle, je suis passée par hasard devant une fresque murale magnifique abritée sous un pont qui a attiré mon attention.

Cette promenade improvisée fut l’occasion pour moi de commencer à m’intéresser à ce que les murs avaient à raconter et à essayer d’imaginer l’histoire de chaque œuvre rencontrée sur mon chemin. L’art dans la rue est ce superflu nécessaire et cette expérience de liberté qui offre un autre regard sur les murs et les immeubles que l’on croise quotidiennement.

Le street art apporte une dimension nouvelle et originale à l’art. Il permet de créer directement le lien entre le passant et l’artiste sans guide, sans expert et sans autorité bien-pensante qui se targuent de vous expliquer le beau et de vous dire quoi penser et quoi aimer.

S’intéresser au street art ne veut pas dire grand-chose dans la mesure où ce terme « valise » recouvre des expressions diverses et variées dont le seul point commun est la rue.

En effet, des réalités bien différentes comme des œuvres sans cesse renouvelées, des séries de portraits, des bestiaires d‘animaux imaginaires ou non ou des expressions idiomatiques se cachent derrière cette forme d’expression urbaine.

Le street art et le public art (l’art dans la ville)

Des réalités différentes se dissimulent derrière cette expression artistique mais également :

  • Des techniques différentes comme la bombe, le pochoir, le collage, le trompe-l’œil ou le sticker ;
  • Des espaces territoriaux variés comme des spots de rendez-vous d’artistes, des essaimages dans la ville, des espaces autorisés ou non.

Toutes les formes d’expression artistique visibles dans la rue ne sont pas du street art qui implique une réalisation éphémère, souvent illégale, destinée aux passants.

En effet, il ne faut pas le confondre avec l’art dans la ville et tous les projets institutionnels publics qui sont généralement durables, sur commande et toujours autorisés.

Pour différencier à coup sûr le street art du public art, les seuls critères à retenir seraient celui de la liberté et, dans une moindre mesure aujourd’hui, celui de l’illégalité, qui permettent de s’abstraire de l’institutionnalisation d’un mouvement dont l’essence était justement d’échapper à cela.

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Les principaux styles de graffiti

Les pochoirs de c215 et les mosaïques d’Invader pour parler de sciences

Seaty, des œuvres et un ticket d’or

L'artiste Seaty est assis devant deux magnifiques tableaux qu'il a peint

Le travail de Seaty est une quête d’identité et de liberté ancrée dans la culture populaire. Artiste engagé, il se rapproche du Graffiti et mouvement Hip-Hop à la fin des années 90 puis s’exprime sur la toile.

Un parcours initiatique au cœur de l’univers urbain de la fin des années 90

Imprégné de la culture urbaine et musicale Hip-Hop et de l’esthétisme des graffitis des mouvements artistiques de la fin des années 90, il exprime d’abord sa sensibilité en réalisant ses premières peintures murales.

Ses œuvres sont un véritable parcours initiatique qui font découvrir l’univers citadin de l’époque et son univers artistique au travers du décor radicalement urbain des voies ferrées, des autoroutes, des terrains vagues et des usines désaffectées.

Comme de nombreux autres artistes, il décide de faire évoluer la dimension picturale de son œuvre en choisissant de les transposer sur toile. Loin de l’instantanéité des graffitis, la toile permet de peaufiner les formes et les nuances tout en restant imprégnée des codes et des motifs de la culture urbaine.

Ce choix raisonné lui permet de combiner les outils comme le pinceau et la bombe et de multiplier les supports pour adapter sa pratique sur la toile sans jamais renier les dimensions d’instantanéité et d’urgence qui hantent les territoires urbains. Il ne renie pas l’aspect parfois inachevé voire imparfait des œuvres projetées en quelques coups d’aérosol sur les murs rugueux des espaces urbains où les coulures et les projections de peinture viennent leur donner une consistance presque sauvage.

Sur la toile il est possible de reproduire des fonds qui, comme les murs de la ville, permettent de poser des lettrages, des graffitis mais surtout des portraits et des compositions originales. Cependant, l’œuvre de Seaty ne peut se limiter à ces cadres. Et l’artiste, aujourd’hui en quête de nouveaux territoires, imprègne son message sur des supports variés et inattendus comme des meubles, des fauteuils ou même des planches de bois.

Le ticket d’or, un jeu concours pour diffuser son art

L’œuvre de Seaty est riche et sa production est impressionnante. Son objectif est clair : diffuser au maximum et au plus grand nombre son art et sa sensibilité. Artiste dont l’imagination débordante s’exprime dans le choix original des motifs de ses toiles, il a également inventé un moyen de diffuser plus largement son art.

Ainsi, il organise un jeu concours sans formulaires à remplir. Les clients qui achètent une œuvre en série limitée sont susceptibles de trouver dans leur colis un ticket d’or « SEATY GOLDEN TICKET » qui leur permettra de gagner une autre œuvre en série limitée comme Habano n°4 en ce moment.  

Le gagnant doit simplement envoyer la photo du ticket d’or avec le code pour recevoir son cadeau.

À noter que Seaty s’autorise à cacher des tickets d’or autre part que dans les colis. Le nombre de tickets d’or et les lots mis en jeu peuvent varier et seront annoncés à chaque nouveau jeu.

Les principaux styles de graffiti

Notre galerie de Street Art vous parle des différents styles de graffiti

En tant que galerie de Street Art, nous nous intéressons de près aux styles de graffiti. Le graffiti se décline au travers de styles facilement identifiables qui permettent ainsi de les regrouper dans cinq grandes catégories. De la simple écriture d’un nom, les graffiti sont devenus de plus en plus élaborés et politiques.

Le Bubble style, la genèse du Graffiti

Inventé en 1972 par le graffeur Phase 2, le Bubble style fait figure d’un des tout premiers styles de graffiti, voire du plus ancien.

Le nom de la police de caractères utilisée est directement inspiré par l’esthétisme de ses lettres ballonnées et ventrues comme des bulles de savon prêtes à éclater. La forme arrondie des lettres crée des volumes qui se chevauchent en partie.

Les graffitis sont généralement réalisés avec deux couleurs, une couleur bombée pour les lettres et une autre, bombée également, pour contraster les contours. Ce type de graffiti peut être réalisé en plusieurs couleurs pour lui donner un aspect plus exubérant.

Il est généralement utilisé pour couvrir des surfaces moyennes comme un côté de camion ou un store de magasin.

Le Throw-up, un style rapide et efficace sans paternité

Le Throw-up est assez proche du Bubble style et en serait même un dérivé apparu en 1972. Cette composition, dont aucun graffeur ne revendique la paternité, utilise une seule couleur déclinée en deux tons. Le ton le plus sombre est utilisé pour le contour tandis que le ton le plus clair est utilisé pour le remplissage. Les proportions et le tracé du lettrage sont identiques à ceux du Bubble style et le rendu est parfaitement lisible.

Le Throw-up a succédé au Bubble style alors que le graffiti était en plein essor et aucune rame de métro et aucun wagon n’échappa au « bombing », terme utilisé pour décrire le phénomène. Face à la recrudescence de graffiti et à la Police, de plus en plus « sensibilisée » au phénomène, le Throw up permet de créer un graffiti de façon simple et rapide pour pouvoir s’affirmer dans la guerre à la notoriété et à la revendication.

Le Block buster, des lettres géantes rapidement graffées

L’objectif du Block buster est de couvrir rapidement de grandes surfaces pour ne pas se faire prendre en y passant trop de temps. À l’origine utilisée pour couvrir la surface des wagons de trains au début des années 80, cette pratique créée par les graffeurs Blade & Comet a évolué et sert également à masquer les travaux des autres graffeurs.

Ce type de graffiti se caractérise par la forme carrée et la surface imposante des lettres et l’utilisation de deux couleurs principales posées à l’aide de rouleaux à peinture. 

Le Wild style, pas si sauvage que cela…

Le graffeur Tracy 168 serait le créateur de ce style unique et complexe qui apparaît en 1974 et qui a contribué à faire passer le graffiti du statut de lettres griffonnées à la va-vite sur un wagon de métro au rang d’œuvres d’art reconnues internationalement.

Le Wild style décline sur des surfaces conséquentes des lettres effilées et enchevêtrées aux couleurs vives dont le résultat final est souvent indéchiffrable pour un œil non averti.

Au-delà du style novateur, le Wild style est l’une des formes de graffiti les plus utilisées dans un contexte de rébellion et de revendications. Dans la course à la notoriété, les successeurs de Tracy utilisent cette police pour transmettre l’image de ce qu’ils sont, tant en termes de design que de message politique.

Le style 3D, du volume et du relief sur une surface plane

C’est en quelque sorte la 3e génération du graffiti inventé par Erni Vales en 1993. L’idée est simple, il s’agit de donner du volume en trompe-l’œil au lettrage pour faire jaillir le message du support sur lequel il a été greffé.

Pour cela, des blocs 3D reliés au contour et mis en couleur sont ajoutés sur les côtés ou à la base des lettres afin de créer cette impression de volume. Tout l’art de ce lettrage aux possibilités infinies de personnalisation est de jouer sur le contraste entre l’ombre et la lumière par l’utilisation des différentes tonalités d’une même couleur.

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L’art vrai, sans intermédiaire, a envahi la rue

Les pochoirs de c215 et les mosaïques d’Invader pour parler de sciences

Karl Lagasse, pour un dollar et un building…

Oeuvre de l'artiste Karl Lagasse 1 dollar

C’est en 1996 à l’âge de 15 ans que la carrière artistique de Karl Lagasse a réellement débuté lorsqu’il vendit un premier collage à Anvers. Depuis, son art s’est structuré avec One Dollar et Building qui en sont les fondations.

In God We trust

C’est l’année 2009 qui consacrera la percée de l’artiste. Karl Lagasse réalise en effet cette année-là son premier « One Dollar » long d’un mètre qui lui permet d’acquérir une véritable notoriété. Il sera classé au top 10 mondial des sculpteurs de moins de 30 ans par Artprice.

Son premier « One Dollar » fut vendu aux enchères à Drouot pour 1 500 € puis les ventes commencèrent à décoller grâce à la demande des galeries, pour devenir et rester la pièce maîtresse de son œuvre.

L’artiste révèle que son inspiration pour cette œuvre majeure trouva sa source en 2008 lors d’une visite qu’il fit dans la station de métro George V à Paris. Celle-ci était en cours de rénovation et toutes les affiches publicitaires avaient été maladroitement déchirées des cadres en aluminium.

Il fut d’emblée fasciné par la beauté brute et intrigante des quelques lambeaux de papier des anciennes publicités des années 60 et 70 qui restaient aléatoirement accrochées au support. Il fit plusieurs séries de photos de tous ces cadres dans leurs moindres détails, comprenant intuitivement qu’il y avait quelque chose à tirer de ces supports bruts.

Après de nombreuses heures de travail, d’essais, de tentatives, de ciselage, de peinture, de vernis et autres effets miroirs sur ces plaques d’aluminium récalcitrantes, sans jamais arriver à un résultat satisfaisant, le « One Dollar » s’est imposé subitement et spontanément, comme porté par l’énergie du désespoir.

Pour l’artiste, ce « One Dollar » renvoie le message qu’il est possible de faire de l’art avec presque rien, avec seulement un dollar. C’est aussi pour lui une façon d’exprimer sa fascination pour les États-Unis et pour le slogan « In God We Trust » qui se trouve sur chaque billet vert.

Building, le lien entre le besoin d’élévation et la fascination pour les USA

En 2012, l’artiste fut reconnu comme étant l’un des 50 meilleurs artistes contemporains tirant leur inspiration des icônes américaines. C’est également au cours de cette année qu’il créa pour le 65e festival de Cannes la sculpture en bronze « Building » pour représenter l’histoire du festival.

Avant tout célèbre pour les nombreuses déclinaisons de sa sculpture emblématique « One Dollar », il l’est aussi grâce à ses « Buildings » largement déclinés dans de nombreuses versions. Ces derniers sont inspirés des gratte-ciel New-Yorkais et participent de sa fascination du monde américain et de son désir d’élévation personnelle. Ils sont construits comme étant l’écho et la rencontre entre sa personnalité profonde et le monde qui l’entoure.

Comment et où s’exprime le Street Art ?

Oeuvre de street art

Mouvement artistique contemporain, le Street Art (ou art urbain) regroupe toutes les formes d’art réalisé dans la rue ou dans les espaces publics comme le graffiti, les stickers, les installations et les projections lumineuses ou vidéo. De nos jours, on retrouve également ces œuvres sur d’autres supports, comme vous pourrez le voir dans notre galerie de Street Art.

Un art né dans la rue, inspiré par la rue et à destination de la rue

Le Street Art se décline partout dans les grandes métropoles, sur les murs, les trottoirs, le mobilier urbain, ou les monuments. La valeur artistique incontestable du Street Art ne l’empêche pas d’être souvent à la limite de la légalité. Les motivations des artistes sont variées et parfois proches du subversif et de la provocation.

Les précurseurs de cet art ont vu dans la rue un support qui permet de toucher le plus grand nombre et une façon d’augmenter la visibilité de leurs messages tout en le rendant accessible à toutes les classes sociales. Le milieu urbain, fréquenté par tous, supprime de facto le côté élitiste de l’art et transmet un message révolutionnaire au plus grand nombre.

Les artistes de Street Art ont fleuri un peu partout dans le monde de Berlin à Melbourne en passant par São Paulo. Ces trois villes ne sont pas citées par hasard car elles sont en réalité les plus prolifiques en matière d’art urbain et il est possible d’y observer des chefs-d’œuvre hors normes.

Les grandes techniques du Street Art

Le Street Art se passe généralement d’autorisation et naît spontanément au cœur des villes. Les modes d’expression sont variés puisque l’art urbain peut utiliser et juxtaposer des techniques et des matériaux divers.

Ainsi, on retrouvera des graffitis à la bombe aérosol ou au pochoir, les sculptures, les mosaïques, les collages de stickers ou de posters, les projections lumineuses ou en vidéo et des installations de rue. La seule limite est l’imagination des artistes.

La place actuelle du graffiti dans le Street Art

On constate de nos jours une certaine dérive du graffiti traditionnel. Celui-ci est de plus en plus utilisé directement ou indirectement pour porter un message publicitaire plutôt qu’un message politique ou subversif comme à ses débuts. Il quitte les murs des cités pour s’installer confortablement dans le cadre douillet et feutré des expositions et des vernissages. Certains artistes ont même des contrats avec des marques qui utilisent leurs œuvres comme support marketing pour leurs produits.

Cependant, il reste encore de nombreux artistes qui produisent des œuvres indépendantes et politiques, dont une majorité sont réalisées sans approbation officielle.

Les installations de rue (street installation)

Les street installations sont un mouvement fort et tendance du Street Art. L’artiste dispose des objets dans l’espace public urbain dont le rôle est d’interagir, voire d’interférer avec celui-ci. En outre, certaines street installations sont conçues pour être manipulées par le public afin de créer une interaction avec l’œuvre.

Les installations de rue sont souvent non autorisées et généralement abandonnées sur place par l’artiste. Ce sont des œuvres d’art éphémères que seuls les plus chanceux auront la chance de voir de près.

Le sticker art

Le sticker art porte un message social ou politique à l’aide d’autocollants. L’avantage de ce type de procédé est qu’il permet de délivrer le message instantanément et de manière virale à n’importe quel endroit avec un risque beaucoup plus faible qu’avec les autres types d’art.

Certains artistes confient parfois la diffusion de leurs œuvres à d’autres artistes afin que le message soit vu dans le monde entier et parfois dans des lieux insolites.

Comme vous pouvez le constater, Street Art est vivant et a continuellement évolué depuis l’apparition des premières œuvres. De nouveaux styles sont apparus, utilisant de nombreux types de supports et de matériaux. C’est globalement un style d’art qui se veut moins élitiste, plus vivant, plus près du peuple et de la rue, et souvent accompagné d’un message engagé.

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Street Art : des murs de Philadelphie aux musées d’art contemporain

Oeuvre d'art contemporain

Depuis les murs des mégapoles américaines et européennes, inspiré des revendications sociales et des comics, l’art urbain qui délivrait ses messages politiques au plus grand nombre est passé des fresques murales monumentales aux toiles dans les musées. Si le Street Art vous passionne autant que nous, jetez un œil aux œuvres dans notre galerie de Street Art.

Des origines aux premières œuvres en France dans les années 70

Comme l’a rappelé en plaisantant Magda Danysz en 2015, le graffiti a toujours existé, depuis la Préhistoire avec la grotte de Lascaux et l’Égypte ancienne avec ses hiéroglyphes. Plus récemment, elle fait remonter l’origine du graffiti moderne au slogan inventé par un ouvrier dans une usine d’armement américaine.

En 1942, cet ouvrier a eu l’idée d’écrire sur les bombes qui sortaient de la chaîne de fabrication : « Kilroy was here ». De nombreux soldats écrivaient ce slogan comme un hommage au patriote Kilroy sur les murs qu’ils croisaient.

Les premiers tags « artistiques » dans des lieux publics furent créés à Philadelphie à la fin des années 1960 par Cool Earl et Cornbread. Ce dernier signait de son nom des messages d’amour destinés à sa dulcinée partout dans la ville. Mais l’appropriation des lieux publics par le Street Art comme mouvement esthétique issu du contexte socioculturel et économique de New York date véritablement des années 1970.

En France, l’art urbain commence à s’épanouir à peu près au même moment. Pourtant, dès 1963, les silhouettes éthérées apparaissent sous les bombes de peinture de l’artiste Gérard Zlotykamien sur les murs du « trou des Halles » à Paris. À peu près à la même époque, l’artiste Ernest Pignon-Ernest dessine une fresque murale à la Bourse du commerce aux Halles après un galop d’essai avec quelques pochoirs sur le plateau d’Albion. Ces œuvres spontanées totalement illégales n’ont rien rapporté aux deux artistes, sauf peut-être une certaine notoriété.

Des fresques sauvages aux galeries

L’art urbain regroupait l’ensemble des fresques murales réalisées en extérieur. L’appropriation de l’espace public par la volonté individuelle de certains artistes a produit de véritables œuvres d’art au même titre que celles plus traditionnelles qui s’échangent sur le marché de l’art et dans les institutions mais certainement bien moins lucratives.

À partir des années 1970, en Amérique puis en Europe, il y eut une volonté de sortir des circuits classiques et des musées pour s’adresser au grand public. Cela a poussé quelques artistes précurseurs à investir les espaces libres en extérieur pour délivrer leur message, souvent lié aux revendications sociales et politiques, le tout en utilisant des styles et des thèmes populaires.

Les artistes urbains puisaient leur inspiration dans les œuvres des dessinateurs de la contre-culture américaine et des comics underground des artistes comme Robert Crumb ou Vaughn Bodē. En France, les œuvres subissaient la double influence de la culture underground américaine et des œuvres des affichistes d’après-guerre comme Raymond Savignac. 

L’art urbain, qui est parfois interdit et rangé au niveau de graffiti par les autorités, oblige encore aujourd’hui certains artistes à rester anonymes ou à se cacher derrière un pseudonyme. Mais, depuis les années 2000, beaucoup d’artistes ont fait le choix de produire leurs œuvres sur des supports plus compatibles avec le marché de l’art et les musées en rompant ainsi avec l’esprit monumental, quasi révolutionnaire et bien plus populaire des œuvres des débuts du mouvement.

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Comment et où s’exprime le Street Art ?

Seen, du métro new-yorkais au MoMA PS1

Oeuvre d'art de l'artiste Seen

L’histoire de l’artiste Seen débuta modestement dans le garage de son oncle et dans les entrepôts du métro new-yorkais en 1973 pour aboutir dans les années 80 dans les plus prestigieuses expositions de pop art et au musée MoMa PS1. Voici comment sa passion effrénée pour le graffiti l’a guidé vers le sommet de sa carrière.

Du garage de son oncle aux wagons de métro de la ligne 6

C’est en 1961 que Richard Mirando vit le jour dans le Bronx, un quartier qu’il ne quittera jamais réellement. Jeune artiste prodige, celui qui se fait appeler Seen découvre son talent grâce à un aérographe qui lui fut offert à l’âge de 11 ans. Passé maître dans l’usage de la peinture projetée, il commence deux ans plus tard à personnaliser à la demande de son oncle – alors propriétaire d’un garage automobile – ses premiers véhicules.

Alors qu’il avait à peine plus de 20 ans, il était fasciné par les graffitis qui écloraient un peu partout, fruits d’une nouvelle tendance de l’époque. Il était tout particulièrement attiré par les rames de métro de la ligne 6, stationnée derrière le garage de son oncle dans le dépôt de Lexington Avenue. La curiosité et l’envie étant trop fortes, il décide un samedi après-midi de 1973 de pénétrer dans le dépôt pour réaliser sa première œuvre qu’il signe déjà de son nom d’emprunt Seen.

Ce pseudonyme, composé de lettres obèses et dilatées comme si elles étaient prêtes à exploser, lui permet d’afficher haut et fort son désir d’être vu par le plus grand nombre.

Dès sa première peinture très remarquée, il passe de simple spectateur à acteur de ce mouvement naissant. Il fait alors du métro son support privilégié. Malgré les corrections infligées par son père, il continue de peindre des wagons entiers de haut en bas qui finissent par interpeller les New-Yorkais.

L’avantage et le génie de créer une œuvre d’art sur un wagon de métro plutôt que plus traditionnellement sur un support statique comme un mur fait que ses œuvres et son nom traversent chaque jour la ville de part en part et sont vus (« seen ») par des milliers de personnes qui empruntent quotidiennement les rames de métro.

Du métro aux œuvres sur toiles des expositions

Dès les années 80, son style et sa créativité le propulsent au sommet du mouvement graffiti underground new-yorkais. C’est à cette période que Seen va commencer à produire des œuvres sur toile qu’il exposera en galeries et qui pourront être vendues à des collectionneurs privés et à des musées du monde entier.

Ainsi, il exposera ses œuvres aux côtés d’artistes majeurs du pop art comme Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat et Keith Haring notamment dans l’exposition « New York / New Wave » qui s’est tenue en 1981 au MoMA PS1, l’un des plus grands et anciens musées consacrés à l’art contemporain aux États-Unis.

Dans les décennies suivantes, Seen exposera son travail dans le monde entier, à Paris, Londres, Berlin ou New York et, sur le marché de l’art, le prix de ses œuvres s’est envolé, et atteignant régulièrement six chiffres.

Jeff Koons, la transcendance du banal

Qui est Jeff Koons ? Ou acheter ses oeuvres d'art ?

Jeff Koons met au service de son art toutes les techniques artistiques à sa disposition pour conceptualiser les objets du quotidien et notamment les plus inattendus et les plus kitch. Il transcende avec brio la banalité du monde en créant des œuvres d’art surdimensionnées grâce à un style qui lui est propre.

L’illusion d’un monde parfait

Jeff Koons fait ses premiers pas dans le monde de l’art au début années 1980 avec la série The News. Ses premières œuvres contiennent déjà tout ce qui fera son succès et son originalité. Il transcende les objets populaires et kitsch du quotidien en les retranscrivant froidement et de façon démesurée dans des matériaux nobles comme le marbre ou la porcelaine.

C’est un plasticien de l’ordinaire qui façonne les objets de tous les jours comme un jouet d’enfant ou un canot de sauvetage en les agrandissant et en les sublimant jusqu’à la perfection. Ensuite, il expose crûment à la vue de tous son interprétation froide et colossale de ces objets que l’on ne remarque pas d’ordinaire.

Ces œuvres nous incitent à regarder au-delà des formes en nous montrant dans son jour le plus brutal et surdimensionné la banalité du quotidien afin que l’on s’interroge sur le (manque de ?) sens du monde qui nous est proposé.

Sa production hétéroclite et son style que l’on pourrait qualifier de « néo pop » propose toujours deux niveaux de lecture, l’un direct, simple et populaire et l’autre plus érudit et complexe. Ces deux visions sont scellées par l’opposition entre le kitch et la banalité des objets représentés, et la noblesse des matériaux et l’unicité de l’œuvre.

Nous ne pouvons pas contempler ses créations en restant indifférents et sans ressentir une fascination et parfois même un agacement qui nous emmènent toujours au-delà de notre imaginaire et nous interrogent.

Jeff Koons joue également avec les figures de la culture américaine comme Popeye, Hulk ou Michael Jackson qui servit de prétexte à la réalisation en 1988 de trois sculptures identiques.

Ces sculptures en porcelaine blanche et dorée s’inspirent d’une photographie du chanteur avec son singe Bubbles. L’artiste pose la question sérieuse de la quête d’identité dont cet artiste afro-américain a été l’archétype durant toute sa vie. C’est aussi paradoxalement une façon de rendre un hommage à la culture populaire américaine.

Balloon Dog

Jeff Koons met le plus grand soin pour créer ses œuvres et le temps de production des iconiques Balloon Dogs est d’environ trois ans. Ses sculptures reproduisent le moindre pli des ballons et derrière la simplicité apparente des œuvres se cache un travail d’orfèvre.

Les Balloon Dogs sont emblématiques de son œuvre par la transcendance d’un objet sans valeur et éphémère en une œuvre sculpturale démesurée et durable. Le choix de représenter des ballons noués par un clown pour les enfants n’est pas anodin. L’artiste a voulu, d’une part, rendre hommage à son fils qu’il ne voyait plus depuis son divorce et à la paternité et, d’autre part, se saisir d’un objet anodin pour lui donner une dimension majestueuse et monumentale à l’image du papillon qui sort de sa chrysalide. La valeur intrinsèque d’un objet ne dépend pas de son apparence et de ce qu’il représente, mais de sa matérialité et de l’intérêt qu’on lui porte.

Cette œuvre, qui est certainement la plus connue de toutes celles créées par l’artiste, a été déclinée en cinq couleurs. Un Balloon Dog orange a été vendu aux enchères pour 58,4 millions de dollars en 2013 par Christie’s à New-York. C’est la vente la plus élevée jamais réalisée par un artiste vivant.

En savoir plus :

Le Balloon Dog de Jeff Koons pour tous

Un panorama du pop art au travers d’artistes et d’œuvres emblématiques

pop art

Les collectionneurs et les amateurs d’art continuent de s’intéresser de très près au pop art, un domaine artistique toujours en pleine ébullition et dont les lettres de noblesse ont été écrites par Andy Warhol et Roy Lichtenstein. Chez Be Crazy Art, nous raffolons également de ce style et c’est pourquoi de nombreux tableaux de pop art traversent régulièrement notre galerie.

Un genre artistique né à Londres dans les années 50

Le pop art a vu le jour à Londres en 1952 sous l’impulsion de créateurs du IG (groupe indépendant) et sous la férule de Richard Hamilton et d’Eduardo Paolozzi, un artiste connu pour ses collages amalgamant des personnages de bandes dessinées, des couvertures de magazine et des publicités.

Le pop art a pris rapidement son envol et quitté les rivages de la Grande-Bretagne pour partir quelques années plus tard à la conquête des États-Unis.

Ce mouvement artistique est vu comme la réponse de créateurs inspirés à l’expressionnisme abstrait qui étouffait l’art par sa rigidité arrogante marquée par l’influence du surréalisme dont l’essor remarquable après-guerre est dû à l’école de New York.

Le pop art trouve son inspiration dans les images issues de la culture de masse et la publicité en adaptant à l’art les modes de production à la chaîne de l’industrie pour tenter de toucher le plus grand nombre. L’esprit du pop art américain est d’ailleurs très différent en cela de celui qui animait ses précurseurs anglais lesquels voyaient plutôt leur art comme une interprétation ironique de la culture industrielle.

Du point de vue sociologique, le pop art rompt de manière radicale avec l’unicité de l’œuvre qui a prévalu depuis que l’art existe. Les moyens de reproduction à grande échelle de l’industrie ont permis la diffusion de masse des œuvres leur faisant perdre leur aura et leur valeur cultuelle.

Par la suite, le pop art est devenu une critique du matérialisme et du consumérisme qui touchent la société moderne et le message est devenu plus important que l’œuvre elle-même.

Il a même été utilisé par certains artistes comme Romero Britto ou Gabriel Grecco au Brésil comme  un média de dénonciation de la misère sociale et du totalitarisme, notamment de celui exercé par la dictature militaire des années 1960.

Les artistes engagés qui ont inventé ce genre artistique

On ne peut pas parler de pop art et faire l’impasse sur Andy Warhol qui est encore aujourd’hui la figure emblématique associée à ce courant artistique. Originaire de Pittsburgh en Pennsylvanie, il commence sa carrière comme illustrateur avant d’exercer ses talents d’artiste à part entière. Sa carrière artistique exceptionnelle l’amènera à créer dans de nombreux domaines de l’art comme la peinture, la sérigraphie, la réalisation et l’écriture de film ainsi que la production de musique.

Il est connu dans le monde entier par le grand public pour ses peintures de stars iconiques américaines comme Marilyn Monroe, Elvis Presley, Troy Donahue, Natalie Wood ou encore Warren Beatty et de produits de grande consommation comme les 32 boîtes de soupe Campbell.

Roy Lichtenstein, l’autre figure de proue de ce courant artistique, est né à New York en 1923, ville où il étudiera le dessin à l’Art Students League of New York. Artiste prolifique et innovant, il laissera après son décès en 1997, plus de 4 500 œuvres réparties dans le monde entier dont une des plus connues est certainement Crying Girl réalisée en 1963.

Peter Blake est anglais et né en 1932. Il récupère et mélange les images de la culture populaire anglaise et est avec Richard Hamilton le père du pop art anglais. L’une de ses œuvres les plus célèbres est sans nul doute la pochette de l’album des Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

Obey Giant, une campagne qui interpelle sur son environnement

Oeuvre de l'artiste Obey Giant

Alors qu’il entre dans l’école Rhode Island School of Design, Shepard Fairey crée la campagne d’affichage « sauvage » d’autocollants André the Giant Has a Posse qui deviendra plus tard la fameuse campagne Obey Giant.

« OBEY », un artiste à ne pas suivre au pied de la lettre

OBEY, alias Frank Shepard Fairey, est né à Charleston en Caroline du Sud. Fils de médecin, Il a commencé sa carrière artistique très tôt à l’âge de 14 ans en créant des motifs pour des t-shirts et des skateboards.

En 1989, alors qu’il entre à l’école Rhode Island School of Design (RISD), il crée la campagne d’autocollants « André the Giant Has a Posse » qui deviendra plus tard la campagne « Obey Giant ». Il considère cette œuvre comme une véritable « expérience en phénoménologie. ».

Le Los Angeles Country Museum of Art, le Musée d’Art Moderne de New York, le Smithsonian ou encore le Victoria and Albert Museum de Londres exposent son travail. Le 6 février 2009, une exposition sous forme de rétrospective de son œuvre nommée « Supply & Demand » s’est tenue pour sept mois à l’Institute of Contemporary Art de Boston. Il a été arrêté par la police de Boston pour avoir créé des graffitis sauvages dans la ville au démarrage de cette exposition.

Son travail est influencé par les œuvres d’Andy Warhol, de Barbara Kruger, de Diego Rivera, de Robbie Conal et d’Alexander Rodtchenko. Le film de John Carpenter Invasion Los Angeles va inspirer l’artiste pour sa campagne Obey d’où il récupère plusieurs slogans dont « Obey » et « This is Your God ».

En juin 2012, il réalise à Paris, sur la façade d’un immeuble, l’œuvre « Rise Above Rebel », une fresque de vingt-cinq mètres de haut représentant un visage féminin.

En juin 2016, Il crée deux nouvelles fresques à Paris, « Delicate Balance » et une Marianne entourée de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Cette œuvre, reprise sous la forme d’un tableau, trouvera sa place dans un premier temps au siège de campagne de La République en marche. Puis, après les élections, elle sera installée au palais de l’Élysée et sera très remarquée lors d’une interview de TF1, le 15 octobre 2017.

La campagne d’autocollants OBEY

Concernant la campagne d’autocollants OBEY, l’artiste parle d’une véritable expérience en phénoménologie. Cette théorie est décrite par Heidegger comme « une méthode pour revenir à l’essence des choses ».

En fait, cela permet de voir tel quel ce qui est sous nos yeux mais dont le sens véritable est brouillé. Sans cette approche spécifique, ce qui est tenu pour acquis devient muet et vide de sens pour l’observateur.

Il s’agit en fait de retrouver la sensation d’émerveillement sur son environnement. L’objectif de l’autocollant « OBEY » est de stimuler la curiosité afin d’amener les gens à se questionner sur leur relation avec le reste du monde.

Les campagnes de publicité ou de promotion pour vendre un produit sont directes et évidentes en termes d’objectif et les gens ne sont donc plus habitués à se questionner sur le sens du message. À chaque fois qu’ils croisent un autocollant « OBEY », cela stimule leur pensée, voire leur frustration, et permet de revitaliser leur perception du monde et leur attention au détail.

L’absence de sens directement accessible a pour objectif d’interpeller, de faire réagir et d’initier une recherche plus profonde du message. C’est en fait un révélateur de la propre personnalité et de la nature profonde de l’observateur.

Beaucoup de gens trouvent l’image amusante ou absurde et peuvent profiter du plaisir visuel sans autre explication. D’autres, plus paranoïaques ou conservateurs, peuvent être troublés par la présence persistante de l’autocollant et le prendre pour le symbole d’une secte aux intentions subversives.

Certains sont agacés par la présence généralisée de l’autocollant qui irrite leurs yeux, le considérant presque comme un acte subversif et provocateur. Cette réaction est assez cocasse alors qu’ils sont assaillis au quotidien par un nombre incalculable de publicités commerciales bien plus agressives.

Mr Brainwash, un alchimiste qui transmute le Pop Art en Street Art

Oeuvre de Mr Brainwash

Depuis une dizaine d’années maintenant, Mr. Brainwash délivre son art grandeur nature dans les rues californiennes. Pourtant, rien ne prédestinait cet enfant Tunisien d’origine juive exilé à Los Angeles à ce destin exceptionnel.

Un alchimiste qui transmute le Pop Art en Street Art

Mr Brainwash, de son vrai nom Thierry Guetta, n’est pas de la famille du célèbre DJ. Et pourtant il va travailler en 2012 avec David Guetta, l’agence boutique Deviant Ventures et What A Music, à la réalisation d’un clip vidéo mixant leurs influences créatives respectives.

Dan White, le directeur de catégorie de groupe pour les boissons énergisantes de The Coca-Cola Company qui les a réunis, tiendra des propos dithyrambiques à propos de la collaboration des deux artistes : « Comme c’est le cas pour tout ce que nous entreprenons avec la marque Burn, notre objectif est d’inspirer la créativité et de créer de nouvelles formes d’expression. Nous espérons que cette collaboration entre deux des plus grands esprits créatifs au monde encouragera d’autres à prendre le relais et à devenir les changeurs de donne de leur propre génération ».

Ce n’était pas la première fois que Mr Brainwash se frottait au septième art avec ses créations picturales révolutionnaires. Le documentaire « Exit Through the Gift Shop » réalisé par Banksy et primé au 2010 Sundance Film Festival avait déjà été plus que favorablement accueilli par la critique. Ce film retrace les évolutions du mouvement Street art en suivant les apports de Mr. Brainwash et dans une moindre mesure de l’artiste Space Invader au monde de l’art populaire.

Mr. Brainwash a révolutionné le monde du Street Art avec son style innovant et implacable. Mr Brainwash est un constructeur. Ses œuvres monumentales qui s’inspirent du Pop Art, d’Andy Warhol et de Banksy naissent dans la rue et utilisent les supports les plus improbables pour détonner dans le paysage et surprendre. Comme celle mettant en exergue un énorme pot de peinture rose suspendu en haut d’un escalier public en quinconce dont le contenu dégouline jusqu’au sol.

Cette façon de penser son art tant en galeries qu’au travers d’expositions urbaines à travers le monde a contribué à attirer l’attention des critiques et des célébrités.

Le cinéma, la culture, la musique, le sport et les célébrités

M. Brainwash a conçu des couvertures d’albums pour Madonna, Rick Ross et KYGO. Ses œuvres sont apparues dans de films et des émissions de télévision comme Billions, the Kardashians, Shameless et Molly’s Game.

M. Brainwash a mis son génie et sa créativité au service de partenariats créatifs avec des marques de premier plan comme Marvel Comics, Coca Cola ou Hublot. Il a également collaboré avec Pelé, le joueur de football brésilien de renommée mondiale, à Rio de Janeiro lors des jeux Olympiques.

Mais c’est également un artiste engagé qui a créé des peintures murales commémoratives pour les victimes du 11 septembre, qui a fait don d’œuvres au centre LGBT de Los Angeles ou encore qui s’est associé à Produit RED pour sensibiliser le public au problème du sida.

« Life is beautiful », comment ne pas finir sur cette note d’espoir que l’artiste aime décliner partout dans le monde ?

Y a-t-il un profil type de collectionneur d’art ?

Oeuvre d'art contemporain

Il est difficile de mettre dans une boîte le collectionneur d’art contemporain tantôt spéculateur, tantôt collectionneur compulsif, parfois découvreur de talents ou tout simplement à la recherche d’un nouveau tableau de street art à ajouter à sa collection. Peut-on définir un profil type du collectionneur d’art contemporain ?

Le collectionneur d’art contemporain peut être un amoureux de l’art en recherche de spiritualité

On ne peut pas être un collectionneur d’art contemporain sans vouer un véritable amour à l’art en général et aux œuvres que l’on achète en particulier.

Le coup de foudre pour une œuvre fait partie du quotidien de l’amateur d’art et cela prend parfois le dessus sur la raison. L’amour peut tourner vers le beau mais aussi vers la transgression. À chacun sa façon d’aimer…

Le collectionneur d’art peut être un spéculateur

Les collectionneurs d’art contemporain peuvent parfois passer en mode spéculation. La revente d’œuvres se fait pour deux raisons principales, la spéculation et le manque d’intérêt pour l’œuvre. La démarche spéculative dans l’art contemporain est intrinsèque à la société dans laquelle nous vivons où tout est produit et lorsque la demande est là, l’offre y répond. La spéculation sur l’art est à la source de la flambée des prix dans ce domaine, constatée dans les salles des ventes internationales.

Mais la loi de marché et la recherche du profit financier auxquelles sont soumis les collectionneurs n’expliquent pas à elles seules leur engagement vis-à-vis de l’art contemporain.

Le collectionneur d’art contemporain peut être un chasseur aventurier

Certains collectionneurs d’art arpentent les salles de vente à la recherche de la perfection et de l’harmonie entre le beau et le surprenant.

Ceux-ci sont très souvent à la recherche de sensations et de plaisirs. Le plaisir d’acheter une première œuvre, de la posséder et de la regarder est certainement un moteur très important qui conduit les amateurs d’art à acheter toujours plus.

Mais, il y a une part de risque. Lorsque le collectionneur achète une œuvre d’art contemporain, il s’expose à faire un mauvais choix et à investir dans une œuvre qui perdra de la valeur. Ce sentiment procure une excitation qui vient s’ajouter aux plaisirs décrits précédemment et contribue certainement à ce que l’on peut qualifier de plaisir addictif.

Certains collectionneurs se considèrent même comme de vrais aventuriers ayant le goût du risque.

Le collectionneur d’art contemporain est discret

Le monde des collectionneurs d’art contemporain est un petit milieu fermé regroupant les collectionneurs, les marchands d’art, les experts et les conservateurs. Tous ces acteurs se connaissent bien entre eux et entretiennent des relations discrètes et courtoises où la cooptation et le fonctionnement en réseau règnent en maîtres.

La tradition française veut que l’on soit discret en matière d’argent et l’anonymat est de mise et les fortunes restent cachées. Lorsque les musées sollicitent les collectionneurs dans le cadre d’une exposition thématique, la plupart souhaitent rester anonymes.

En conclusion, il est difficile de mettre dans une case le collectionneur d’art contemporain qui est un peu tout cela à la fois…

Nasty, Fais tourner mon Blaze…

Oeuvre de l'artiste Nasty

Son nom, il le signe au jet de sa bombe de peinture et l’a décliné à l’infini sur les murs parisiens, sur les wagons de la SNCF et dans le métro avant de livrer son art en galeries ou pour la publicité. Nous vous présentons aujourd’hui Nasty !

Fais tourner mon Blaze

Nasty a puisé son inspiration dans le mouvement hip-hop et auprès des Street Artistes New Yorkais. Il décline son nom – son Blaze – en lettres colorées et acidulées sur les murs parisiens et réalise des fresques géantes sur les wagons de la SNCF.

Sa marque de fabrique est de plus en plus visible et envahit les tunnels du métro, les murs le long des voies ferrées et ceux des quais de Seine qui deviennent dès lors ses supports de prédilection.

Son travail est facilement identifiable car il consiste à décliner son nom – Nasty – en utilisant des jeux de couleurs, de formes et d’effets avec une petite prédilection pour le rose.

Il associe également à son nom deux slogans qui viennent renforcer sa marque de fabrique : « Fais tourner mon Blaze » et « Save Trees Write On Walls ».

Au début des années 90, il rejoint le collectif Artistes en Cavale (AEC) dont la stratégie est de concentrer leurs actions aux endroits où leur travail sera le plus visible.

En 1994, avec le même collectif, il décore un immeuble inhabité de la rue du Dragon dans le 6e arrondissement de Paris où l’association Droit au Logement installe 130 sans domicile fixe.

Save Trees Write On Walls

Nasty va petit à petit orienter son travail de la rue aux galeries où il amène ses décors et fonds favoris comme les plans du métro, les briques en céramique et les plaques en émail de la RATP. Il recrée en studio ses espaces de prédilection parisiens qui sont alors exposés, comme les témoins d’une époque.

Pressentant la fin du collectif, il travaille de plus en plus souvent en duo notamment avec Dealyt, un ami de longue date, avec qui il partage l’amour du graffiti mais dans un style radicalement opposé. En effet, la technique de Nasty – qui commence ses œuvres en réalisant les fonds puis en posant les contours – est antithétique à celle de Dealyt qui commence par les contours puis les remplit de couleur.

Entre 2009 et 2011, il a travaillé sur de nombreux projets publicitaires (Mercedes, Bic, Nestlé, Bnp Paribas, Coca-Cola, 1664, etc.) et dans l’univers des « artoys » : Kidrobot et Toy2R à Hong-Kong. Il a également participé à la Collection ADG exposée au Grand Palais et a reconstitué dans la galerie Hélène Bailly au Klay à Paris une station de métro.

C’est dans cette galerie qu’il récidive en 2013 pour l’exposition Lyrics. Il expose également ses œuvres à la galerie Chapon et à la galerie Magda Danysz.

Nasty participe chaque année avec un certain succès à la vente aux enchères « Urban Art », le rendez-vous incontournable des collectionneurs d’art urbain organisée par Artcurial.

En 2013, à l’occasion des travaux de transformation du haut lieu des nuits parisiennes, les Bains Douches, en hôtel de luxe, il participe à la réalisation d’une œuvre d’art géante éphémère.

Aujourd’hui, Nasty travaille sur toile ou sur plaques de métro, principalement dans un atelier qu’il partage avec d’autres artistes, et expose dans des galeries du monde entier.

Un documentaire réalisé par Béatrice Vernhes, « L’art et la manière » et un livre publié aux éditions Alternatives, «Nasty & Slice, Artistes en cavale» retracent son parcours.

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Nasty, un destin précoce né dans un livre qui vit dans le métro

Mr Oreke, des graffitis, des murs et des toiles

Oeuvre de Mr Oreke

Mr. Oreke a débuté sur les murs de sa ville puis a déplacé son œuvre sur des supports plutôt inattendus pour y loger du « Street Pop Art » comme le qualifie lui-même l’artiste. Aujourd’hui, il s’exprime sur la toile en recréant les supports bruts et rugueux des murs.

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Kurar, une œuvre d’espoir teintée d’humour noir et de cynisme

Oeuvre de l'artiste Kurar

L’affrontement quotidien entre l’innocence et le monde moderne qui la broie est un thème récurrent dans l’œuvre de Kurar. Mais l’humour et l’ironie, du cynisme diront certains, viennent donner un ton particulier à ses fresques qui sont éminemment politiques.

Une œuvre forte et d’espérance teintée de désenchantement et d’humour noir

L’inspiration de Kurar vient de l’enfance, une vision innocente du monde à travers les yeux d’un enfant où se reflètent crûment tous les travers de la société moderne. Une enfance bafouée par le modernisme et ses excès. Une candeur malmenée par la société de consommation et la course effrénée à la croissance et aux bénéfices.

Cette course vaine et stérile qui n’offre comme alternative que le consumériste et la violence empêche de réfléchir et de prendre le temps de contempler ce temps qui nous échappe.

À travers le regard d’un enfant, nous pouvons enfin prendre conscience du vide sidéral de nos vies happées par le besoin d’exister dans un monde qui va de plus en plus vite et nous oblige à courir vers notre mort sans jamais avoir réussi à être vraiment.

Il met en scène des enfants qui représentent le commencement, l’innocence, confrontés à l’actualité et au monde actuel dans tous ses excès et pose un regard candide sur la guerre, le consumérisme et la religion. C’est en quelque sorte notre propre enfance qui contemple sans réellement comprendre ce que nous sommes devenus… Un miroir cru sur la vacuité de notre existence.

Un regard qui nous oblige à nous arrêter et prendre conscience de l’absurde de cette situation. Un message d’espoir malgré tout qui tisse un lien entre le passé et le présent, avec un humour décapant parfois grinçant et proche du cynisme.

Car rien n’est perdu et tout peut encore changer.

De la reconnaissance internationale vers une carrière prometteuse

Depuis les années 90, Kurar nous réveille avec ses graffitis et ses pochoirs qui sont devenus aujourd’hui sa marque de fabrique.

Son talent l’a amené rapidement à participer à des expositions en Europe et dans le monde entier puis à sa première vente aux enchères à Cornette de Saint Cyr en France.

Il a également développé une collaboration avec des marques commerciales, notamment avec la marque de bagages Eastpak, dont il a personnalisé une gamme de sacs qui ont ensuite été vendus aux enchères.

En 2016, le thème de la télévision l’a inspiré pour une série de peintures, de moulages, d’objets et d’installations. Une façon de montrer à quel point la télévision est devenue incontournable et omniprésente de notre vie quotidienne. Son travail a été exposé sous le nom de « TV Rules Your Life » à Paris à la Next Street Gallery et dans de nombreuses expositions individuelles et collectives en Espagne, à Singapour, en Allemagne et aux États-Unis.

Focus artiste : KiKo, le môme du street-art

Digne héritier des artistes du street art, le Français KiKo dessine comme il respire. Passionné par les thématiques de l’enfance, c’est un rêveur empreint d’une certaine nostalgie.

KiKo est un artiste né en 1985 à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Les couleurs vives de sa Provence natale l’ont toujours profondément inspiré. D’ailleurs, c’est peut-être pour cette raison que l’orange est, depuis toujours, une couleur récurrente dans ses différentes œuvres. Depuis qu’il est gosse, KiKo dessine comme il respire. Sur la terre ferme comme sur son thonier familial — KiKo est le dernier-né d’une famille de marins depuis des générations —, Manuel Fernandez de son vrai nom ne s’est jamais tenu éloigné de ses outils artistiques de prédilection : le fusain et l’encre de chine.

KiKo : un parcours tout tracé entre vie de marin et street-artiste

Dans la vie de KiKo, il y a d’abord eu l’appel de la mer. C’est grâce à elle que l’artiste de Provence a construit son imaginaire alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Puis, en 2017, KiKo quitte son navire de pêche pour se consacrer entièrement à son art. Le pseudonyme qu’il choisit alors n’est autre que le surnom qui lui était donné quand il était môme. Il ne s’en séparera jamais.

Héritier des grandes figures du street art, KiKo a malgré tout toujours été fasciné par les travaux d’artistes moins contemporains. Ainsi, KiKo a développé une passion pour les œuvres de l’italien Amedeo Modigliani, spécialiste de l’art figuratif rattaché à l’École de Paris. Tout comme son prédécesseur, KiKo semble particulièrement doué pour faire ressentir l’âme du modèle qui est au centre de l’image. Et tout comme Modigliani, KiKo a fait des enfants les héros de ses fresques aux fonds intenses, lesquels, tout innocents qu’ils sont, fuient une réalité lourde et inéluctable.

Les Enfants de KiKo, d’éternels voyageurs qui ont soif de découverte

Au fil du temps, les Enfants de KiKo sont devenus de grands voyageurs. Exposés à Shanghai, Miami ainsi qu’un peu partout en Europe, ils sont les vedettes de salons et d’expositions d’art contemporain d’envergure internationale. Les Mômes de KiKo sont la représentation de tous les états d’âme qui agitent le cœur des enfants : espièglerie, insouciance, mélancolie, rage, tous ont une histoire et des secrets parfois lourds à porter.

À noter que les toiles de KiKo sont facilement distinguables. Comme mentionné plus haut, la couleur orange y est prédominante et les dessins sont généralement réalisés au fusain et aux encres de Chine sur des fonds neutres, très colorés et puissants.

3 conseils pour bien prendre soin de vos tableaux

tableau pop art

Restaurer un tableau n’est pas une mince affaire. Pour éviter les ravages du temps, il peut être bon d’appliquer quelques conseils qui vous permettront d’en préserver toutes les qualités.

Vous venez d’acquérir un tableau pop art ? Félicitations ! Cependant, craignant les dégâts causés par le temps et l’usure, vous vous demandez maintenant comment en conserver l’aspect originel. Figurez-vous que grâce à quelques astuces simples, vous pouvez tout à fait prendre soin de votre tableau chéri. Ce dernier vous accompagnera tout au long de votre vie, sans montrer le moindre signe de fatigue ! Suivez le guide !

Avoir une parfaite connaissance de l’œuvre

Tout d’abord, la meilleure façon de protéger votre tableau contre les ravages du temps est de bien le connaître. Si vous savez absolument tout sur sa composition, les matériaux et le type de peintures qu’il utilise ainsi que son support vous pourrez agir en conséquence s’il se détériore.

Ainsi, si vous possédez une toile réalisée à l’aide de peinture à l’huile, vous savez que l’exposer aux rayons du soleil doit être absolument évité car, dans le cas contraire, les risques de siccativation sont susceptibles d’augmenter, et des craquelures apparaîtront inévitablement. Si votre tableau a été peint avec de l’aquarelle, vous voudrez le tenir éloigné de l’humidité, si le support utilisé est le papier il sera important d’éviter de manipuler l’œuvre avec vos mains, etc.

Utiliser des protections efficaces et adaptées

Quand on possède un tableau chez soi, mieux vaut se prémunir d’éventuels dangers qui pourraient lui nuire. En utilisant un dos protecteur par exemple (un support rigide et étanche sur une base auxiliaire de type châssis), vous protégez votre tableau contre les dommages mécaniques (chocs, perforations, déchirures), vous empêchez la formation de poussière, vous réduisez les variations d’humidité relative, vous bloquez les polluants atmosphériques, etc.

Par ailleurs, vous pouvez également encadrer votre tableau en fabriquant un cadre sur mesure, ce qui alliera esthétique et protection.

Choisir la bonne localisation pour votre tableau

Saviez-vous que le climat peut abimer votre œuvre sur le long terme ? En effet, si vous l’installez en face du soleil, près d’un radiateur ou à côté d’une cheminée, votre toile ne fera malheureusement pas long feu… L’humidité peut elle aussi avoir des conséquences dramatiques sur un tableau.

Si protéger vos tableaux à l’aide d’une vitre en verre ou en plexiglas est une première façon de les aider à conserver tout leur éclat, vous devriez également les accrocher loin de toute source de chaleur, de lumière et d’humidité. En outre, attention aux lampes dont la lumière est directement projetée sur les œuvres ! Là aussi, les dégâts causés peuvent être irréversibles.

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Années 90 et graffiti hip-hop

L’art contemporain associe le graffiti au street art mais aussi à la culture hip-hop. En effet, ces trois mouvements sont intimement liés comme le démontre l’histoire récente de l’art urbain.

Le graffiti était déjà au premier plan lorsque les premières galeries de street art ont vu le jour. Cette technique spécifique qui relève de l’art urbain (un courant artistique global) cohabite avec d’autres formes de performances telles que le pochoir, la mosaïque, le sticker ou encore le collage. Mais le graffiti est lui-même fortement influencé par la culture hip-hop, laquelle est née aux États-Unis vers la fin des années 1970.

Graffiti et hip-hop : une technique artistique fédératrice

Un graffiti est un dessin ou une inscription pouvant être peinte, gravée ou tracée sur des biens majoritairement publics (bâtiments, monuments, murs, etc.). Voix de la masse par excellence, le graffiti transgresse les règles, mais pour la bonne cause : il est souvent réalisé dans un contexte de tension politique ou suite à des faits de société particulièrement polémiques.

Toujours très colorés, les graffitis se déclinent en plusieurs styles : chrome, bubble, cartoon, tattoo-like, etc. Leur esthétique se renouvelle constamment grâce à l’utilisation de nouvelles techniques telles que la peinture aérosol, les pochoirs, la gravure, la peinture au rouleau et bien d’autres. Ce sont des graffeurs particulièrement doués tels que Cornbread, Jean-Michel Basquiat, Blek le Rat et Banksy qui ont fait connaître et légitimer le graffiti comme un art en tant que tel.

La période contemporaine a bien souvent permis d’associer le graffiti à une culture de rue bien précise : le hip-hop. Car, en effet, il est encore fréquent que les graffitis soient réalisés par des groupes qui adhèrent à ce mouvement. On appelle ces derniers crew ou squad.

Graffiti dans les années 1990 : entre répression et admiration

En plein boom à la fin des années 1970, la culture hip-hop mélange danse, musique, mixage sonore, style vestimentaire et rap. Par le biais du graffiti, les crews et squads pouvaient communiquer des messages représentatifs de leur culture. Malheureusement, dans les années 1990, la ville de New York, temple du street art, instaure des sanctions à l’encontre des graffeurs (peines d’emprisonnement et amendes sévères).

Les artistes les plus valeureux délaissent alors la ville pour dessiner dans les arrondissements défavorisés de la Big Apple, notamment dans le quartier du Bronx. Indirectement, grâce aux sanctions dissuasives qui le condamnent, l’art du graffiti s’étend jusqu’aux autres grandes villes américaines comme Los Angeles, Chicago ou encore Washington.

Plus tard, c’est le Vieux Continent qui deviendra la nouvelle terre d’accueil du graffiti, les mégalopoles européennes tolérant cette forme d’art non sans une pointe de plaisir et d’admiration.

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Street Art : des murs de Philadelphie aux musées d’art contemporain

Comment et où s’exprime le Street Art ?

Fédération de l’Art Urbain : quand le street art devient (réellement) une institution

En France, le street art est représenté par la Fédération de l’Art Urbain, une association qui est reconnue et soutenue par le Ministère de la Culture. Oui, le street art est une vraie institution !

EZK et nos autres artistes urbains engagés se sont battus pour sa reconnaissance depuis le début de leur carrière, et certainement même bien avant ! Mais contrairement aux idées reçues, le street art n’est pas une pratique illégale que les plus réfractaires associent bien souvent à la détérioration du mobilier public.

Non, le street art est un courant artistique reconnu, soutenu par le Ministère de la Culture par le biais de la Fédération de l’Art Urbain, organisme fondé fin 2018. Ainsi la Fédération de l’Art Urbain reconnaît-elle tous les acteurs et actrices de l’art urbain, qu’ils soient amateurs, professionnels, indépendants, artistes ou fassent partie d’autres structures.

Le street art reconnu artistiquement par une fédération d’utilité publique

Depuis 2018, la Fédération de l’Art Urbain encourage la reconnaissance artistique du street art et de ses pratiques partout en France. L’organisme rattaché au Ministère de la Culture permet à la discipline de gagner en visibilité mais protège également tous ses acteurs et artistes tout en luttant pour la préservation de la singularité du street art.

Que vous soyez artiste ou membre d’une structure amatrice ou professionnelle, vous êtes libre de rejoindre la Fédération de l’Art Urbain afin de l’aider dans le développement de la reconnaissance du street art et de ses différentes pratiques.

À noter que pour aider la Fédération dans sa démarche de promotion et de soutien de l’art urbain en France, le Ministère de la Culture a commandé une étude d’ordre nationale portant sur le street art. Menée par l’association Le M.U.R en 2019, elle a eu pour finalité la création d’un écosystème du street art, l’objectif étant de mettre en contact et de fédérer les divers acteurs de l’art urbain dans l’Hexagone. Il faut dire que l’étude a mis en lumière les nombreuses difficultés et attentes du milieu vis-à-vis des institutions publiques et privées, mais aussi de la Fédération elle-même, encore toute jeune.

Quelles sont les missions principales de la Fédération de l’Art Urbain ?

La Fédération de l’Art Urbain compte de nombreux adhérents à ce jour, tous répartis un peu partout en France. Ses principales missions consistent donc à mettre en réseau ses adhérents, à accompagner les pratiques des acteurs de l’art urbain et de valoriser le street art sous toutes ses formes.

Afin de remplir ses différents objectifs, la Fédération de l’Art Urbain organise d’ailleurs régulièrement des rencontres collectives autour de thématiques spécifiques ainsi que des réunions favorisant les échanges et réflexions gravitant autour de sujets communs.

Pop Art 101 : le Pop Art, c’est quoi ?

pop art

Né en Grande-Bretagne dans les années 1950, période qui correspond au boom des produits de consommation, le Pop Art est un mouvement artistique engagé et pragmatique.

Vous scrutez les dernières merveilles de notre galerie Pop Art, mais soudain, tel un éclair, une pensée vous envahit l’esprit : pourquoi ces formes, ces couleurs feutrées, cette joie apparente ? Le Pop Art est un mouvement artistique qui semble foncièrement optimiste. Mais qu’en est-il réellement ? Plongeons dans les origines du Pop Art et tentons de percer les messages qu’il véhicule.

Le Pop Art, qu’est-ce que c’est ?

Le Pop Art est définitivement rattaché au monde de l’Après-guerre. Il est né en Grande-Bretagne, dans les années 1950, à une époque qui correspond au grand boom du consumérisme. C’est d’ailleurs pour cela que le Pop Art développe un intérêt si particulier pour les images des médias de masse, la publicité, les bandes dessinées et tout ce qui fait référence à la société de consommation.

Période profondément optimiste, les années 1950 témoignaient d’une véritable effervescence culturelle (montée en puissance de la science-fiction, de la technologie et des objets design, entre autres choses).

C’est d’ailleurs l’artiste américain Andy Warhol qui est la principale figure du mouvement Pop Art. Cependant, on doit le Pop Art à l’artiste écossais d’origine italienne Eduardo Paolozzi qui, en 1947, émerveilla le monde entier avec son collage “I was a Rich Man’s Plaything” dans lequel il fait apparaître le mot Pop dans un nuage de fumée émanant d’un revolver.

Un mouvement artistique critique

Tandis qu’à ses débuts le Pop Art britannique était quasi essentiellement alimenté par la vision lointaine de la culture populaire américaine, sur le plan sociologique, ce courant artistique cherche à créer une rupture avec le caractère unique de l’œuvre.

Tel que le suggérait Walter Benjamin dès 1935 avec L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique : une œuvre d’art, du moment qu’elle est reproduite à grande échelle grâce à des moyens technologiques élaborés, perd automatiquement de son aura et de sa splendeur.

En outre, le Pop Art a très vite fini par épouser une forme très critique du matérialisme et du consumérisme, piliers des sociétés modernes. Dans les œuvres Pop Art, ce ne sont pas leurs qualités intrinsèques qui comptent, mais bien l’attitude ou la signification que les artistes souhaitent leur donner. Dans plusieurs pays tels que le Brésil par exemple, le Pop Art s’est converti en un outil de dénonciation des maltraitantes sociales face aux régimes oppressifs et totalitaires. À notre époque actuelle, les valeurs du Pop Art sont fidèlement représentées par des artistes tels que Gabriel Grecco et Romero Britto.

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Les débuts du Street Art : retour dans les années 60-70

street art seen

Le Street Art a fait ses débuts à New York, lorsque le premier graffiti dérivé de la culture hip-hop est né. Voyons quel a été son cheminement partout dans le monde durant les années 1960-1970.

Pour comprendre l’essence des travaux d’artistes et designers tels que Seen — notamment en matière de colorimétrie et de géométrie —, il faut probablement s’intéresser aux origines du Street Art, ce qui nous renvoie aux années 1960-1970. En effet, l’art urbain, alors encore illégal, est né durant cette période spécifique, transformant les lieux publics des quatre coins du globe en espaces de revendication à part entière.

Les origines du Street Art : l’émergence du graffiti moderne américain

C’est dans les quartiers précaires de New York, au milieu des années 1960-1970, que le premier style de Street Art est apparu : issu de la culture hip-hop, mouvement musical et artistique typique du Bronx et de ses ghettos noirs et latinos, le Street Art s’est exhibé sur les murs de la Big Apple à des fins purement existentiels.

En effet, même s’il finit par bénéficier de nettes améliorations en termes de techniques et de couleurs, le graffiti servait principalement à se faire connaître en traçant une signature. Se faire connaître, attirer l’attention, tel était d’ailleurs l’objectif recherché par Cornbread, Darryl McCray de son vrai nom, jeune afro-américain qui espérait séduire une jeune femme en peignant des messages libérés sur les murs des immeubles de Philadelphie. Cornbread est probablement le premier précurseur du Street Art.

Le graffiti, un mode d’expression vital et engagé en Europe

Cependant, si le Street Art s’est réellement développé — notamment outre-Atlantique —, c’est grâce à une succession d’événements majeurs survenus sur la scène politique internationale : Mai 68 en France, la Guerre d’Algérie ou encore peu après la construction du mur de Berlin.

Dans un contexte particulièrement difficile, le Street Art constituait un moyen d’expression par une œuvre graphique très fort. Bien que critiqué car illégal, le Street Art n’a pas succombé aux répressions et sanctions, les autorités sévissant durement toutes formes d’expression susceptibles de dégrader le mobilier urbain. Au fil du temps, le Street Art fusionna avec les disciplines littéraires, les illustrations et graphiques s’accompagnant souvent de traits d’humour ou de poésie.

Dans tous les cas, on n’aura rarement vu de discipline artistique aussi vivante et ancrée dans les problématiques et enjeux sociétaux. Depuis sa naissance, le Street Art participe aux révoltes culturelles, sociales et politiques et dépeint les divergences d’un monde aujourd’hui dicté par le capitalisme, l’impérialisme et la mondialisation.

Focus artiste : Onemizer, l’enfant du Sud

onemizer bio

Originaire du Sud de la France, Onemizer est un artiste de Street Art qui, du haut de ses 34 ans, est déjà exposé dans les galeries d’art internationales les plus prestigieuses.

Sélectionné parmi les 50 artistes les plus talentueux de l’année 2019 par le célèbre magazine Graffiti Art : Le guide de l’art contemporain urbain, Onemizer est un grand nom du Street Art dans l’Hexagone et à l’étranger. Mais derrière la success-story de ce trentenaire se cache une vie humble, simple et sincère. L’occasion de plonger dans le parcours d’un artiste à part dont le talent est reconnu par les galeries d’art du monde entier, de Paris à Singapour en passant par Londres, entre autres.

Onemizer : un artiste aux multiples origines et racines

Originaire du sud de la France, Onemizer puise son inspiration partout, autant dans les grands classiques du pop art (Basquiat et Warhol sont souvent cités comme ses principales influences) que dans sa vie de tous les jours). Ainsi, c’est en Afrique, continent où Onemizer s’est expatrié avec sa famille alors qu’il était enfant, que l’art est venu à lui.

Plus tard, de retour en France, au contact des graffitis jalonnant les murs du périphérique parisien, Onemizer s’est pris d’affection pour le Street Art, osant même réaliser ses premiers essais dans des terrains vagues, entrepôts désaffectés et autres lieux abandonnés, loin des regards indiscrets. Mais alors qu’à la sortie du lycée il décide d’entreprise des études d’art, son entourage proche l’encourage à délaisser les murs bétonneux au profit de la toile, plus noble.

Exposer l’art urbain en galerie, et même à la maison !

Onemizer a d’abord exposé ses œuvres dans des restaurants, bars et hôtels. Mais ses planches ont très vite fini par trouver le chemin des grandes galeries d’art internationales (Paris, Courchevel, Cannes, Singapour, Londres, Amsterdam, etc.). Avant cela, en 2014, Onemizer avait même ajouté sa pierre à un vaste édifice : la réalisation du plus grand graffiti sur toile jamais créé, à Dubaï, une œuvre validée par le Livre Guinness des records.

Se démarquant de par un assortiment de couleurs vives et feutrées ainsi que l’utilisation d’une multitude de techniques et de supports, les œuvres de Onemizer ont un impact visuel véritable et mettent l’accent sur l’originalité. La mission de l’artiste est sans équivoque : faire accepter le Street Art comme une forme d’art qui vaut la peine qu’on l’expose en galerie, mais également le démocratiser jusqu’à la maison, en le transformant en un véritable atout de votre décoration d’intérieur.

En savoir plus :

Onemizer s’expose au festival Rur à Nogent-le-Rotrou